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Gabriel Monnet : toujours en cours, l'acteur au jardin !
« Tout ça, c’est de la faute de mon père… Acteur né, il avait tous les talents ! », affirme Gabriel Monnet. Enfant de la Commedia dell’arte , comédien de théâtre et acteur de cinéma, à l’âge de sept ou huit ans, il brûlait déjà les planches sous la houlette de son très exigeant père.
À la sortie des maquis du Vercors et de l’Ardèche, Gabriel Monnet est nommé instructeur national d’art dramatique à Annecy. « Ma vocation première s’est toujours inscrite dans la décentralisation qui consiste à vivre et à créer hors de la capitale. Car, il n’y a pas « bon bec » qu’à Paris . », souligne ce pionnier, qui, dès 1963, prend la direction de la Maison de la Culture de Bourges.
Mai 1968, les pavés volent et les portes de laMaison de Bourges se ferment. Pour des raisons de santé, Gabriel Monnet rejoint Montpellier. En convalescence, il prospecte le secteur du Pic Saint Loup avec Monnette, son épouse. Il pose ses valises à Saint Bauzille de Montmel où il retape une ancienne bergerie.
Devenu acteur au jardin, plus cigale que fourmi, bon vivant, généreux et fantasque, il prend le large, régulièrement, pour sillonner les routes de France et de Navarre. Lors de sa longue et brillante carrière, il met en scène et interprète de nombreuses pièces : Noces de Sang de Lorca, Don Juan de Molière, Hamlet de Shakespeare, Les Frères Karamazov de Dostoïevski, La Mouette de Tchekhov, Dialogues d’Exil de Brecht… Consécration, il est gratifié d’un Molière d’honneur en 2001, avec Madeleine Robinson.
Le cinéma, aussi, avec La Lune dans le Caniveau et Roselyne et les Lions de Beineix, Le Palanquin des Larmes , de Dorffmann, Cyrano de Bergerac , de Rappeneau… Mais pour lui, le cinoche, c’esttout autre chose : « il n’y a jamais péril en la demeure ! On ne risque pas de tout foutre en l’air, comme au théâtre, quand on a oublié une réplique. Action ! Moteur ! et on recommence ! ».
Persuadé que la vie est le bien le plus précieux, fugace, conflictuel, chaotique parfois, mais irremplaçable, Gabriel Monnet qui affiche plus de quatre fois vingt printemps, n’hésite jamais à se mettre en danger, les soirs de représentation. « Quand le rideau se lève, l’angoisse est toujours la même. Mais quelle récompense quand, petit à petit, on voit s’allumer des étoiles dans les yeux des spectateurs ».Bravo l’artiste !