Gérard Allier : conte ses moutons !

Faute de pouvoir porter celle des PTT, Gérard Allier a coiffé plusieurs casquettes. Ce personnage hors du commun a été, tour à tour, vigneron, berger, cafetier.

« Oui, j’ai été berger ! Ne faisant jamais les choses à moitié,du jour au lendemain je me suis retrouvé à la tête de 400 bêtes », précise Gérard Allier en préambule au récit de son existence. Véritable figure locale, cet homme du cru a vu le jour aux Matelles en 1938. Très attaché à son terroir, ce fils de vigneron n’usera pas ses fonds de culottes à la communale… son père était en bisbille avec l’instituteur ! Il fera ses études au collège des Jésuites, sans grande conviction, car il sent bien que sa vie se dessine au grand air, en toute liberté !

Suit un passage à la vigne pour suivre ses parents. Mais Gérard pense que le jeu n’en vaut pas la chandelle. D’autres horizons s’ouvrent à lui.

« En 1973, j’ai monté un troupeau, épaulé par mon épouse.Là, je peux vous dire que le soir venu, je n’avais pas besoin de compter mes moutons pour m’endormir, épuisé de les avoir gardés toute la journée et même une partie de la nuit en période d’agnelage. A ce rythme, au bout d’un an, j’avais appris le boulot et je suis resté quatre années seul, hormis quand les mères mettaient bas. Parfois il y avait des avortements ou autres maladies comme la fièvre de Malte. Le vétérinaire d’Anduze, M. Jouanen, en a sauvé plus d’une » poursuit Gérard Allier.

Puis arrivait le temps de la transhumance. « A pied, par les drailles, nous nous rendions à l’estive, à Camprieu, en trois jours et demi. A la fin, tout ce folklore a disparu car nous transportions les brebis en bétaillère. Monté début juin, tout ce petit monde bêlant ne redescendait que fin septembre. Pendant ces quatre mois, je rejoignais le troupeau chaque semaine pour mettre en sacs le fumier, que je revendais pour fertiliser les jardins », précise ce berger passionné qui, décidé de reprendre le café du village pour tenir ses enfants à l’école, va confier ses bêtes à un éleveur, avant de les vendre. « Car voyez-vous, si c’était à refaire et bien… je ne le referais pas ! Je serais rentré dans les Postes et, au bout d’un an, j’aurais étémuté à Marseille !

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