Gérard Saumade : Saint-Mathieu, Tréviers, et plus loin...

Si les autres maires se défendent de "faire de la politique" alors que, comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ils en font toute la journée, Gérard Saumade est ce qu'on appelle un homme politique.

On peut parler de la dimension partisane du terme : querelles internes au sein du parti, rivalités féroces sur des territoires électifs, ruptures, exclusions, victoires... Ceci n'est que la partie la plus médiatique de la chose. La dimension républicaine du terme convient mieux au personnage : faire de la politique c'est avoir une vision de l'avenir, un dessein pour un territoire, un projet pour ses habitants.

Et, en politique, Gérard Saumade n'est pas un "parachuté" qui appliquerait ici une recette passe-partout. Il est né en 1926 à Saint Mathieu de Tréviers et a consacré l'essentiel de sa carrière à sa commune et au territoire qui l'entoure. A part un mandat de député dans la seconde circonscription de l'Hérault ( La Paillade) de 1988 à 1993, il a conquis ensuite - au prix de l'exclusion de son parti - la quatrième (Montpellier - Lodève) dont il est resté représentant au Parlement jusqu'en 2002.

C'est dans sa commune natale qu'il a commencé et qu'il n'a jamais cessé de se consacrer à la chose publique : élu maire en 1965, il le restera 41 ans, jusqu'à son retrait de la vie politique en 2006, à l'âge de 80 ans. Si le slogan "penser global, agir local" a été récemment mis à la mode avec la mondialisation, il aurait pu être celui de Gérard Saumade : Président du Conseil général ou député, chargé de dossiers à l'échelle nationale ou internationale (Commission des affaires étrangères...), il n'a jamais perdu de vue les toits et les clochers de Saint Mathieu de Tréviers dont il se plaît toujours à rappeler que ce sont deux hameaux qui ont uni leurs destins.

Car pour lui, si le plus petit élément d'un tout ne doit pas perdre son identité, c'est dans des regroupements que se joue l'avenir des territoires. Initiateur du SIVOM du Pic Saint Loup, il a jeté les bases, créé les habitudes, fait accepter et comprendre l'idée que les communes, si elles ne voulaient pas disparaître, devaient travailler ensemble, partager des projets communs, se sentir membres d'un territoire plus vaste.

Le territoire du Pic Saint Loup, Gérard Saumade connaissait sa pertinence, sa réalité historique, physique, humaine, mais il connaissait aussi - par expérience - les querelles de clochers, les réticences à traiter avec le voisin, la peur de se diluer dans plus grand que soi. Par le SIVOM et la Charte intercommunale, il a préparé le terrain dans les esprits et les institutions à ce qui pouvait devenir ensuite la Communauté de Communes du Pic Saint Loup.

Il faut entendre ce professeur de sciences économiques et historien raconter notre territoire et les gens qui y habitent, cette terre de tradition et de passage, où, bien avant les Romains, tant et tant de nouveaux arrivants, conquérants ou chassés de chez eux par la violence ou la misère, sont venus recevoir et donner, construire pierre à pierre le pays des Saintlouviens.