Le grand âge de l’olivier et de ceux qui s’en nourrissent

Il existe encore, dans nos régions, de très vieux oliviers, qui ont plus de mille ans, certaines atteignent deux mille ans. Ils ont traversé les froids les plus intenses et ces périodes de famine et de difficultés qui ont marqué les populations méridionales.

Comment peut-on évaluer son âge ? La méthode du carbone 14 n’est pas opérationnelle puisqu’il est un être vivant. On a constaté que cet arbre connaît plusieurs cycles de vie qui permettent de déterminer son âge : développant tout d’abord son tronc, il donne ensuite naissance à de solides branches, puis modifie sa structure en se vrillant, en produisant des excroissances. Ces phénomènes apparaissent plus tard, suivant une séquence identique, sur les ramifications qui changent d’orientations au cours des siècles. A un âge avancé, le corps de l’olivier se creuse et sa sève continue son long mouvement de flux et de reflux, par un tronc devenu tubulaire.

On dit encore que les anciens qui ne mangeaient que des olives et des figues vivaient très longtemps… Peut-être aussi parce qu’ils ne mangeaient pas trop, ne connaissaient-ils pas les excès qui fatiguent l’organisme. Mais c’est encore un gage de longévité, tout comme la légende des guerriers grecs qui, dit-on, avalaient les noyaux d’olives en pensant devenir invincibles.

Autre signe de son caractère « intemporel », l’olivier a résisté au déluge, et c’est une de ses branches que la colombe a cueillie sur le mont Ararat. Si l’olivier symbolise la paix, ce serait aussi pour la raison suivante : lorsque Sparte et Athènes se faisaient régulièrement la guerre, les envahisseurs avaient pour règle de détruire toutes les richesses de l’adversaire, y compris les arbres. La repousse des rameaux d’olivier signifiait alors le retour de la paix.