Maurice Deltour : garde messier, garde champêtre

Dans tous les villages qui font la ronde autour du Pic St Loup, la loi a toujours été représentée, bien évidemment, par les gendarmes.

Mais la commune avait aussi son représentant de l’ordre : le garde messier, c’est à dire celui qui gardait et surveillait les moissons, les récoltes.
« Un temps où les vols à la roulotte et autres larcins n’existaient pas. Une époque où chacun se respectait, les liens d’amitié étant très forts » souligne Maurice Deltour qui a occupé cette fonction, à St Mathieu de Tréviers, à partir de 1967, jusqu’en 2001.
Il sera embauché pour remplacer M. Cabrol qui avait pris la suite de MM. Quintin, et Augé, le plus ancien étant M. Comte. Des hommes qui traversaient les campagnes à pied pour porter la bonne parole à grands roulements de tambour, avec autour du torse une lanière de cuir à laquelle était attachée une plaque détenant l’inscription suivante : « Garde Champêtre – LA LOI -».

Ainsi, lorsque Maurice Deltour pris ses fonctions, il partait publier sur un solex. Le texte était toujours introduit par un coup de trompette suivi d’un « avis à la population ». L’information suivait : coupure d’eau, la venue de commerçants comme M. Portalier qui vendait des chaussures ou M. Daniel, le quincaillier. Un discours qui se terminait toujours par un « qu’on se le dise ! ».

Lorsqu’il n’était pas sur sa « bécane », Maurice faisait l’entretien du village, du secrétariat à la mairie, les enterrements… C’est dire s’il était polyvalent !

En 1969, le tout nouveau SIVOM achètera une Estafette qui changera la vie du Garde Champêtre. Au volant de ce véhicule flambant neuf, il sera aussi amené à faire du ramassage scolaire à St Jean de Cuculles, le Triadou, Fontanès, Ste Croix de Quintillargues.

Puis on eut la formidable idée de mettre un haut-parleur sur le toit de cette camionnette. Et les publications se firent au micro, toujours préfacées d’un « avis à la population » et toujours terminées par un « qu’on se le dise ».
Bien sûr cette modernité n’était pas sans poser problème. Il fallait répéter avant de partir car le son portait loin l’éventuel bafouillage. L’écho déformait aussi les paroles et souvent un mauvais contact empêchait de comprendre parfaitement le message. Mais, les « qu’on se le dise » fonctionnaient parfaitement et il y avait toujours une âme charitable susceptible d’assembler le puzzle des mots manquants !

Puis les années passant, Maurice l’irremplaçable, l’homme de confiance, le confident, vit sonner l’heure de la retraite. Entre temps, compte tenu de l’augmentation de la population, la municipalité avait recruté un successeur appelé : gardien de police municipal. Qu’on se le dise !

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