Sonia, Mary, Magaret : trois Anglaises au "Peak"

Sonia, Mary, Margaret. Trois Anglaises Tréviésoises. Vu d'ici, elles sont so british ! Mais sûrement que, vues de Grande Bretagne, elles sont so french !

Depuis presque quinze ans qu'elles vivent ici, elles ont largement eu le temps de se franciser. D'autant que lorsqu'on a comme elles l'esprit ouvert et curieux, on ne met guère de temps à remplacer le gazon anglais par des plantes de garrigue et deux pieds de vigne, et la chiken and leek pie (tourte poulet-poireaux) par le fromage de chèvre et l'huile d'olive. Ni côte d'azur, ni Périgord, elles ont choisi ici de fuir les "colonies britanniques" de France et, quand elles croisent des congénères sur le marché, elles se mettent à parler français entre elles pour se fondre parmi les indigènes. Tout à commencé au début des années quatre vingt dix. Mesdemoiselles Swan (un seul "n", précise-t-elle pour qu'on ne la confonde pas avec l'oiseau du lac), Chapman (avec un seul "n", sinon elle serait saxonne, pas anglo) et Shortland (qui trouvait évidemment son pays trop court) ont coupé derrière elle le pont au-dessus de la Manche : elles ont vendu la maison où elles vivaient dans le Devon - à la base de la péninsule de Cornouaille - pour faire le grand saut par-dessus le Channel (avec deux "n" pour ne pas confondre avec le n°5) et la France entière pour atterrir au bord de la Méditerranée. Et, même s'il y a beaucoup de "n" dans cette histoire, c'est une belle histoire d'amour pour le Pic Saint Loup.

Mary et Margaret, toutes deux retraitées des services sociaux de l'adoption, et Sonia, professeur de français en fin de carrière, sont tombées en admiration pour le pic ("qu'on voit de partout") alors qu'elles circulaient dans la région à la recherche d'un lieu de villégiature. Et plus si affinités. Ce fut d'abord un mois de vacances en 1990 à Vacquières où "les gens sont si gentils et accueillants qu'on ne pouvait même plus faire notre petite promenade du soir sans se faire inviter ici où là !" Raconte Sonia. "On ne nous considérait pas comme des touristes, mais comme des personnes intégrées" renchérit Margaret. Puis il y eut un second été en 1992.

Puis d'autres, au printemps, en hiver, histoire de tester le pays par tous les temps. Rien n'y a fait, la passion a tenu le coup. En 1996, l'union est consommée : pendant qu'elles louent un logement provisoire à Tréviers ("près des commerces et pas loin de l'église, on est catholique" ) elles font construire une maison à Saint Mathieu, chemin du Mas Philippe où elles ont pu trouver le terrain de leurs rêves grâce à l'aide des autochtones. Et puis, depuis dix ans bien sonnés, elles partent à la découverte de leur nouveau territoire "on s'en va avec notre pique-nique autour du Pic Saint Loup dès qu'il y a de belles lumières, où le long des rivières pour voir les crues dès qu'il y a eu de fortes pluies" dit Mary. Les excès de notre climat ne leur font pas peur, au contraire, et, même si elles apprécient la saison estivale des concerts à Montpellier ou autour du Vigan, la nature et les gens d'ici sont pour elles une inépuisable source de surprises.

Au point qu'elles on entamé la rédaction d'un ouvrage bilingue, les récits de leurs promenades, le Pic Saint Loup vu par les yeux "des trois Anglaises", illustré de leurs photos et de leurs aquarelles. Un cadeau en retour fait aux Saintlouviens.

rendez-vous au printemps 2008, la CCPSL va les aider à éditer cet ouvrage original.