Ces « étrangers » qui ont fait et feront notre histoire

Ils s’appellent Azema, Alberti, Sanchez, ils font partie des Saintlouviens « historiques ». Marocains, Italiens, Espagnols, Grecs, Turcs, Dalmates, Pieds-Noirs, Harkis, Gitans, les noms d’ici sont les té-moins des strates historiques qui, comme les couches géologiques, ont façonné notre région. Nationa-lités, cultures, mœurs, systèmes politiques et religions sont les socles successifs de la civilisation du piémont méditerranéen qui est la nôtre.

Mais, si chaque époque a déposé son limon particulier, notre identité n’est pas un empilement de pla-ques rigides. C’est un brassage, une minestrone, toujours enrichie de nouveaux ingrédients. Que la porte se ferme, que le mouvement s’arrête et c’en est fini de la Méditerranée vivante, unique.

Même un territoire aussi petit que celui de la CCPSL porte la marque de l’histoire des peuplements de la région. Entre les grands « fiefs », catholique de Camargue, protestant de Nîmes, musulman de Ma-guelone, juif de Lunel, au point de rencontre des migrants charbonniers d’Italie, maraîchers d’Espagne, vignerons du Maghreb et commerçants de partout, du dernier sommet du Causse aux pre-mières plaines littorales, notre territoire est un sang-mêlé.

Ce territoire qui sait si bien dévorer ses enfants pour les fondre dans son essence même, a offert un jour l’hospitalité à ces « étrangers » qui ont fait notre histoire, façonné nos paysages et construit nos villages, depuis les huttes de pierre néolithiques, les tours sarrasines, les ponts romains, les arènes à l’espagnole et les cabanes des bouscatiers italiens jusqu’aux villas-piscines d’aujourd’hui.

Aujourd’hui arrivent ceux du Nord : Parisis, Angles, Saxons, Alamans, Germains, Bataves, Fla-mands… comme leurs prédécesseurs depuis les Wisigoths, ils sont à la recherche d’un nouveau lieu de vie. Mais aussi, sans renier leurs origines ni renoncer à leurs talents, en demande d’identification, de constitution d’une identité nouvelle dans un monde inconnu. Cela passe par la connaissance de l’histoire de notre territoire. C’est à cette vaste tâche que la CCPSL a commencé à s’atteler.