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- Les Saintlouviens sont... formidables !
La Bergère, le Berger et les Deux Géants
Il y a très longtemps, le Pic Saint Loup était rattaché à l’Hortus. Dans les bois de Montferrand, un jeune berger nommé Pandidou gardait ses moutons. Dans une autre propriété, à Fambétou, une jeunette et bien jolie bergère nommée Toune en faisait autant. Pandidou avait des sentiments plus que tendres pour Toune, la pastresse .
Or, un beau jour de printemps, alors qu’ils allaient vers la grotte de l’Hortus pour manger leur déjeuner, une tranche de jambon, des amandes et du miel des abeilles de la garrigue voisine, ils virent deux énormes pieds qui dépassaient. Un géant habitait là, lui aussi amoureux de Toune. Alors que les deux enfants prenaient la fuite, d’un coup de son immense épée, il fendit le rocher, séparant Toune de Pandidou.
Ainsi isolés, les deux jeunes gens se désolaient. Lorsqu’un jour, Pandidou entendit un énorme gémissement de douleur. Il s’approcha et vit un autre géant, incapable de marcher à cause d’une épine, grosse comme une fourche, fichée dans son pied. Pandidou eut bien peur mais, tirant de toutes ses forces, il réussit à sortir l’épine. Pendant un mois, il soigna ce géant, avec un onguent fait d’espiguet, de miel et de graisse de cabri. Ainsi, il eut tout le temps de lui parler de Toune, perdue là-bas, de l’autre côté de la faille.
Enfin guéri, le bon géant se prépara à repartir, mais, enjambant la brèche, il alla ramasser Toune dans son énorme main. De nouveau réunis, les deux tourtereaux pleuraient de joie. Alors, Hercule leur donna un sifflet de buis à chacun dont le son strident était entendu à vingt lieues à la ronde ! Et il leur dit : « encore merci, vous êtes de braves petits, et si un jour vous êtes en péril, sifflez dans ce bout de buis et je serai là pour vous secourir ».
Cette histoire finit bien, mais racontée au coin de l’âtre, dans la pénombre, elle effrayait les petits qui, le lendemain, en regardant la faille entre le Pic et l’Hortus, repensait à ce géant qui forgea le paysage. Des scientifiques, qui ne connaissaient pas la légende, l’appelèrent « érosion ».